Recueil de poèmes

Quỳnh Dao — Đinh Nho Diệm

Đinh Nho Diệm (1918–1947), en poésie Quỳnh Dao : l'une des voix du mouvement Thơ mới, salué par Hoài Thanh dans « Thi nhân Việt Nam ». Auteur de « Tiếng chuông chiều » (1937, à 19 ans) et de « Tơ trăng » (1939), animateur des revues Tiểu thuyết thứ năm et Đông Tây — puis révolutionnaire : emprisonné à Hỏa Lò, évadé par les égouts en mars 1945, tombé début 1947 au bord de la rivière Lô sous les balles d'un avion français.

Sa poésie n'a été redécouverte qu'à partir des années 1990 (« Văn phẩm Quỳnh Dao », NXB Thanh niên, 1999, réunie par le poète Anh Chi). Les morceaux ci-dessous sont cités d'après la presse littéraire vietnamienne ; traductions françaises indicatives du site. Son nom est gravé sur la plaque n° 3 du mémorial de la prison de Hỏa Lò.
I

Huitain improvisé à seize ansBài hoạ « vịnh về hưu » — ứng khẩu năm 16 tuổi

Improvisation en réponse au poème d'un docteur retraité, v. 1934
Richesse, honneurs, élégances — j'en ai eu mon content ; au vrai goût du renom, je distingue l'aigre et le doux. Au jardin du printemps, je m'avance, joyeux, vers une vie nouvelle ; sur la mer des carrières, je pose la rame et range les affaires d'antan. Je tâte la bourse de l'univers : l'argent y est tout prêt ; je penche la gourde du vent et de la lune : vin et poèmes y débordent. Caressant ma barbe, je regarde encore ceux qui restent en lice — habits de cour — les voilà, affairés du matin au soir.
Quỳnh Dao — presse familiale & vanhocsaigon.com (Phạm Quang Đẩu)
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II

Musique du soir (extrait)Nhạc chiều — trích « Tơ trăng », 1939

Tơ trăng (Fils de lune), Nhà in Asiatic, Hà Nội, 1939
Les branches frêles, ivres comme le vent — ce jour-là, la musique du soir nous tenait sous son charme ; ce jour-là, mon cœur a connu comme un frisson : ô ma belle, me voilà de nouveau chancelant…
Quỳnh Dao — vanhocsaigon.com — « Thi sĩ Quỳnh Dao, một đời ngắn ngủi mà sôi động »
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III

Maladie imaginaire (extrait) — à Hàn Mặc TửBệnh tưởng — tặng Hàn Mặc Tử (trích)

Dédié au poète Hàn Mặc Tử, vers 1939
L'arbre au bord de l'eau, ivre, échevelé, s'obstine à descendre dans l'eau si verte ! Quelle jambe exquise a plongé dans le lac renversé ? La vague lèche, éperdue, à en briser les branches.
Quỳnh Dao — vanhocsaigon.com — « Thi sĩ Quỳnh Dao, một đời ngắn ngủi mà sôi động »
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IV

Poème de Huế (extrait)Bài thơ Huế (trích)

Vers cités par Hoài Thanh dans « Thi nhân Việt Nam » (1942)
Le pont, d'un blanc éclatant, couleur de lumière ; nuages bleus, cris clairs des oiseaux du soir… Une rangée de princesses sourit sous les chapeaux de palme — le fleuve ouvre son cœur pour accueillir les ombres aimées…
Quỳnh Dao — « Thi nhân Việt Nam », Hoài Thanh — Hoài Chân, 1942
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V

Sous le pont de Giang Tô (extraits)Dưới cầu Giang Tô (trích)

Récit en vers, 1940–1942 — premier poème vietnamien contre le fascisme japonais
Le ciel entier vient d'entrer dans l'automne ; sur la branche du poirier, la moitié des feuilles se balance, dorée… De la capitale au hameau perdu, bombes et balles déchirent — la haine monte jusqu'aux nuages ; les champs secs sont jonchés d'ossements blancs ; dans le soir de brume, lourd, le milan emporte sa proie… …Fumée noire sur Bích Dương, le pavillon en ruine ; cinq soldats japonais en ligne fauchent d'une rafale — une volée de balles ; le lac de l'Ouest assombrit ses eaux, amoncelle les nuages ; tremblante, la lune dessine le sourcil d'une beauté…
Quỳnh Dao — vanhocsaigon.com — extraits cités

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