Sa poésie n'a été redécouverte qu'à partir des années 1990 (« Văn phẩm Quỳnh Dao », NXB Thanh niên, 1999, réunie par le poète Anh Chi). Les morceaux ci-dessous sont cités d'après la presse littéraire vietnamienne ; traductions françaises indicatives du site. Son nom est gravé sur la plaque n° 3 du mémorial de la prison de Hỏa Lò.
I
Huitain improvisé à seize ansBài hoạ « vịnh về hưu » — ứng khẩu năm 16 tuổi
Improvisation en réponse au poème d'un docteur retraité, v. 1934
Richesse, honneurs, élégances — j'en ai eu mon content ;
au vrai goût du renom, je distingue l'aigre et le doux.
Au jardin du printemps, je m'avance, joyeux, vers une vie nouvelle ;
sur la mer des carrières, je pose la rame et range les affaires d'antan.
Je tâte la bourse de l'univers : l'argent y est tout prêt ;
je penche la gourde du vent et de la lune : vin et poèmes y débordent.
Caressant ma barbe, je regarde encore ceux qui restent en lice —
habits de cour — les voilà, affairés du matin au soir.
Quỳnh Dao — presse familiale & vanhocsaigon.com (Phạm Quang Đẩu)
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II
Musique du soir (extrait)Nhạc chiều — trích « Tơ trăng », 1939
Tơ trăng (Fils de lune), Nhà in Asiatic, Hà Nội, 1939
Les branches frêles, ivres comme le vent —
ce jour-là, la musique du soir nous tenait sous son charme ;
ce jour-là, mon cœur a connu comme un frisson :
ô ma belle, me voilà de nouveau chancelant…
Quỳnh Dao — vanhocsaigon.com — « Thi sĩ Quỳnh Dao, một đời ngắn ngủi mà sôi động »
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III
Maladie imaginaire (extrait) — à Hàn Mặc TửBệnh tưởng — tặng Hàn Mặc Tử (trích)
Dédié au poète Hàn Mặc Tử, vers 1939
L'arbre au bord de l'eau, ivre, échevelé,
s'obstine à descendre dans l'eau si verte !
Quelle jambe exquise a plongé dans le lac renversé ?
La vague lèche, éperdue, à en briser les branches.
Quỳnh Dao — vanhocsaigon.com — « Thi sĩ Quỳnh Dao, một đời ngắn ngủi mà sôi động »
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IV
Poème de Huế (extrait)Bài thơ Huế (trích)
Vers cités par Hoài Thanh dans « Thi nhân Việt Nam » (1942)
Le pont, d'un blanc éclatant, couleur de lumière ;
nuages bleus, cris clairs des oiseaux du soir…
Une rangée de princesses sourit sous les chapeaux de palme —
le fleuve ouvre son cœur pour accueillir les ombres aimées…
Quỳnh Dao — « Thi nhân Việt Nam », Hoài Thanh — Hoài Chân, 1942
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V
Sous le pont de Giang Tô (extraits)Dưới cầu Giang Tô (trích)
Récit en vers, 1940–1942 — premier poème vietnamien contre le fascisme japonais
Le ciel entier vient d'entrer dans l'automne ;
sur la branche du poirier, la moitié des feuilles se balance, dorée…
De la capitale au hameau perdu,
bombes et balles déchirent — la haine monte jusqu'aux nuages ;
les champs secs sont jonchés d'ossements blancs ;
dans le soir de brume, lourd, le milan emporte sa proie…
…Fumée noire sur Bích Dương, le pavillon en ruine ;
cinq soldats japonais en ligne
fauchent d'une rafale — une volée de balles ;
le lac de l'Ouest assombrit ses eaux, amoncelle les nuages ;
tremblante, la lune dessine le sourcil d'une beauté…
Quỳnh Dao — vanhocsaigon.com — extraits cités
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